Stéphane Guyot, un inconnu à 10%

Publié le 25 novembre 2016

Cliquez sur l'image

pour voir l'étude complète

Interview de Stéphane Charlet 

Interview de Magali Delamour

« Stéphane Guyot, le candidat du vote blanc, est crédité de 10% d’intentions de vote au 1er tour de l’élection présidentielle 2017 ».

Ce n’est pas un nouveau gag du Gorafi mais le très sérieux institut IFOP qui lâche cette bombe. Un sondage étonnamment peu relayé par les médias pourtant habitués à fonder leurs commentaires sur ce type d’étude d’opinion. On se demande bien pourquoi. Celle-ci en tout cas pourrait bien bouleverser tous les scénarios attendus ; ceci expliquant sans doute cela…

Ce sondage nous révèle 2 choses. La première, c’est l’interêt des électeurs pour la reconnaissance du vote blanc. 83% des personnes interrogées se disent favorables à sa prise en compte parmi les suffrages exprimés et 25% d’entre elles seraient prêtes à voter ‘’blanc’’ si ce vote avait un poids politique, ce que la loi actuelle lui refuse. 

Le second enseignement de ce sondage concerne directement ma candidature. En  effet, en l’absence d’un réel vote contestataire utile, ce sont pas moins de 10% des sondés qui seraient prêts à m’accorder leur suffrage. Un chiffre record qui me place tout simplement à la 5e place du 1er tour. 

 

Aussi surprenants soient-ils, ces chiffres ne tombent pas du ciel. Ils s’inscrivent dans la continuité du précédent sondage réalisé en 2014 pour le think tank Synopia. 85% des personnes interrogées s’étaient alors prononcées en faveur du vote blanc et 26% s’étaient déclarées prêtes à voter blanc en 2017. On notera la stabilité des résultats depuis 2 ans.

Ils témoignent également d’une réelle revendication des électeurs. Plus de 180.000 d’entre eux - c’est-à-dire davantage que d’adhérents au PS ou aux Républicains - ont déjà signé la pétition en faveur de la reconnaissance du vote blanc lancée sur Change.org

D’une manière plus générale, ces chiffres sont à replacer dans le contexte d’une action à la fois pédagogique et militante engagée depuis 5 ans avec les Citoyens du Vote Blanc. En effet, le mouvement que j’ai crée fin 2010 pour défendre cet outil démocratique en présentant des ‘’candidats du vote blanc’’ confirme ici la pertinence de son mode opératoire. Après un premier 2,26% obtenu aux législatives de 2012, 6 listes aux Européennes de 2014 et un très encourageant 7,41% aux dernières élections départementales, le chiffre de 10% révélé par l’Ifop traduit l’existence d’un socle électoral solide. Il fait notamment écho aux 6% de votes blancs identifiés en 2012 mais volontairement écartés des résultats par le législateur.

 

Réaliser un sondage par les temps qui courent pourrait être jugé contre-productif compte tenu du peu de fiabilité de leurs dernières prévisions. Mais le sondage, quel qu’il soit, reste la valeur de référence pratiquée dans la sphère médiatique. Pour gagner en crédibilité, il paraissait donc indispensable de communiquer auprès des médias - et par voie de conséquences du public - en utilisant leur propre vocabulaire et les outils qu’ils utilisent eux-aussi pour nous informer. Les CVB ont donc cassé leur tirelire et commandité un de ces ’’sondeurs’’ dont les noms nous sont désormais si familiers afin de valoriser ma candidature en tant que représentant de cette majorité silencieuse trop souvent oubliée des commentateurs : les sans partis

Parallèlement à cette étude officielle, un partenariat a été mis en place avec la plateforme Decideus qui a consacré 2 jours consécutifs à la question du vote blanc. Les résultats, tant du point de vue quantitatif que qualitatif, ne font que renforcer ceux de l’Ifop. Plus de 12.000 participants ont répondu à la question ‘’le vote blanc doit-il être intégré aux suffrages exprimés’’. Un score sans appel de 95% pour le OUI.

 

Les médias seront-ils capables de considérer les révélations de l’Ifop comme une information digne d’être révélée au public ? Vont-ils au contraire s’obstiner à nous assommer des mêmes débats primaires et inviter sur leurs plateaux ces candidats de partis dont la parole à d’ores et déjà perdu toute crédibilité ?

Certes, quelques articles ont déjà été repérés ça et là. La Dépêche, les Echos ou encore cette belle présentation réalisée par les élèves de Sciences Po. La palme revenant certainement à mes amis de Libr’acteurs pour leur article au titre très Coluchien ‘’Plus Blanc que Blanc’’.

Mais malheureusement, hormis les interventions en région de Magali Delamour sur le plateau de France3, Dominique Lalanne sur TV5 et Stéphane Charlet chez Tv Grand Lille, force est de constater que coté médias nationaux, c’est silence radio !

 

Ce triste constat m’amène naturellement à une question de fond : Une démocratie digne de ce nom peut-elle délibérément écarter du suffrage 10% du corps électoral ?

 

Cette question, je ne la pose pas aux journalistes prétendument indépendants qui ont choisis de façonner l’opinion publique au lieu de l’informer objectivement. Je la pose aux 45.000 élus disposant de cette encombrante responsabilité leur permettant de valider la présence de tel ou tel candidat au 1er tour de l’élection présidentielle. Sur quels critères objectifs accordent-ils leur précieux parrainage ? Les représentants du peuple peuvent-ils s’opposer à la volonté de ceux qu’ils représentent ? N’est-il pas de leur devoir de permettre à toutes les opinions d’être équitablement représentées ?

 

Inscription à la Lettre du Pays des Souris

Inscrivez-vous à la Newsletter et recevez tous les 15 jours mon analyse décalée de l'actualité politique du pays.

©Stephane Guyot 2019 - Tous droits réservés