Mensonges d'Etat

  La frontière est parfois ténue entre ‘’Théorie du complot’’ et ‘’Mensonge d’état’’. Le complotisme relève souvent du fantasme alors qu’un mensonge d’état est établi sur la base de faits avérés, prouvés, indiscutables. La théorie du complot, c’est affirmer qu’aucun avion ne s’est écrasé sur les tours jumelles le 11 septembre, que la Terre est aussi plate que le charisme de Xavier Bertrand ou que la Chine aurait volontairement diffusé le Covid-19 pour affaiblir l’économie des grandes puissances occidentales. Un mensonge d’état, c’est le scandale du sang contaminé, la vie secrète de Francois Mitterrand ou l’affaire Bennala. 

  Un mensonge d’état, c’est un gouvernement qui affirme à son peuple, à grand renfort d’experts ‘’indépendants’’ et sur-médiatisés, que le nuage de Tchernobyl ne passerait pas la frontière. Ces mêmes experts qui nous ont assuré pendant des semaines que les masques étaient inutiles et que l’hydroxychloroquine ne servait à rien ; ces mêmes experts qui affirment aujourd’hui, mais sans pouvoir l’expliquer, que nos enfants ne seraient que ‘’faiblement contagieux’’ et pourraient reprendre le chemin de l’école le mois prochain.

  Lorsque les Etats-Unis accusent la Chine d’avoir dissimulé des informations capitales sur le coronavirus, il ne s’agit ni plus ni moins que de dénoncer un mensonge d’état aux conséquences planétaires. Les accusations de la Maison Blanche ne tombent pas du ciel. Elles s’appuient sur une enquête du Washington Post selon laquelle le département d’Etat américain avait été alerté par l’ambassade des Etats-Unis à Pékin sur les mesures de sécurité insuffisantes dans l’Institut de virologie de Wuhan. Le Covid-19 ne serait donc pas un virus naturel apparu par hasard sur un marché local. Ce serait un virus artificiel hautement pathogène fabriqué par l’homme qui se serait échappé d’un laboratoire chinois.

  Ce scénario catastrophe serait même une certitude pour le professeur Luc Montagner, ancien prix Nobel de médecine en 2008. Considérée comme complotiste il y a encore quelques jours, cette hypothèse semble aujourd’hui se confirmer. Le marché au poissons de Wuhan ne serait qu’un prétexte pour masquer l’indicible vérité. Mais le mensonge des autorités Chinoises pourrait bien impliquer le gouvernement Français car ce laboratoire de Wuhan, la France le connait bien, et pour cause, elle l’a financé !

  La décision d’une collaboration Franco-Chinoise remonte à 2004 suite à l’épidémie du SRAS de 2003. Sous l’impulsion de Jacques Chirac et Jean-Pierre Raffarin, la France et la Chine décident de s’associer pour lutter contre les maladies infectieuses émergentes. La France allait financer le projet et, par l’intermédiaire de l’INSERM (Institut national de la santé et de la recherche médicale), fournirait le savoir-faire et l’expertise technique de 50 chercheurs et experts en virologie. Lors de son inauguration en 2017, c’est Bernard Cazeneuve, le Premier Ministre de l’époque, qui représentait les intérêts de la France. Il était accompagné d’Yves Lévy, alors Président de l’INSERM.

  Compte tenu de ses rapports étroits avec le laboratoire de Wuhan, l’INSERM ne pouvait ignorer la nature des travaux de son partenaire chinois. Mais de quels travaux était-il question ? La réponse complotiste évoquera une arme bactériologique développée dans le plus grand secret. Plus raisonnablement, et c’est le scénario défendu par Luc Montagner, le virus aurait été créé pour travailler sur un vaccin contre le Sida. C’est d’ailleurs ce qui expliquerait la présence d’un extrait de la séquence génétique du VIH dans le génome du Covid-19. Jusque-là, rien de choquant. Les laboratoires de type P4, comprenez « Pathogènes de classe 4 », sont susceptibles d'abriter les pires saloperies en matière de virus à des fins de recherche scientifique. Il en existe une trentaine dans le monde, dont le laboratoire Jean Mérieux - Inserm de Lyon.  

  La question qui se pose est donc de savoir si l’INSERM ignorait le fait qu’un pathogène mortel se soit accidentellement retrouvé dans la nature. La question est d’autant plus brûlante qu’Yves Lévy n’est autre que le mari d’Agnès Buzyn, alors Ministre de la Santé au moment de l’apparition de l’épidémie en Chine. Débarqué de la présidence de l’INSERM en 2018 pour conflit d’intérêt avec son épouse de ministre, il avait été recasé pour 5 ans à un poste de « conseiller d'État en service extraordinaire ». Merci Manu...

 

  Le gouvernement Français pouvait-il ignorer l’origine de la pandémie ?

  Y a-t-il un lien entre l’arrivée du Covid-19 en France et le départ en larmes d’Agnès Buzyn du Ministère de la Santé le 17 février ? L’Elysée a-t-il cherché à rompre les liens qui lient le gouvernement avec Yves Lévy, le laboratoire de Wuhan et l’INSERM de Lyon ? Difficile de parler de mensonge d'état à ce stade, mais il faudrait être bien naïf pour considérer cette succession d’événements comme une simple coïncidence.

  « Il y a manifestement des choses qui se sont passées qu’on ne sait pas ». Interrogé le 16 avril dans le Financial Times, Emmanuel Macron déplore le manque de transparence de la Chine sur le décompte officiel du nombre de victimes. Mais les réserves du chef de l’Etat restent bien timides comparées aux accusations formulées par Londres et Washington. On devine pourquoi. S’il y a effectivement des « choses qu’on ne sait pas », de toute évidence Emmanuel Macron sait des choses qu’il ne dit pas.

 

©Stephane Guyot 2020- Tous droits réservés