Il était une fois, dans une galaxie lointaine, très lointaine, un lieu imaginaire, un pays merveilleux appelé le ''Pays des souris''. 

C’était un lieu ou vivaient, travaillaient et jouaient toutes les petites souris, où elles naissaient et mourraient. 

Le pays des souris était bien organisé. Chacune avait sa place et jouait un rôle dans la société. Elles avaient même un parlement et tous les 5 ans, elles votaient pour leurs représentants. Ainsi, à chaque élection, toutes les petitessouris avaient l’habitude de se rendre aux urnes et d’élire un gouvernement, un gouvernement constitué de gros chats noirs ! 

Je n’ai rien contre les chats noirs. La plupart d’entre eux faisait bien leur travail. Ils dirigeaient leur gouvernement avec dignité et écrivaient de bonnes lois, c'est-à-dire des lois qui étaient bonnes pour les chats. Mais ces lois qui étaient bonnes pour les chats n’étaient pas bonnes pour les souris. Elles les trouvèrent même de plus en plus dures, et quand elles ne purent plus les supporter, quand la vie des souris fut devenue trop difficile, elles décidèrent qu’il fallait faire quelque chose. Il fallait que ça change !

              Le Jour d'après             

Publié le 30 mars 2020

  Au-delà d’un drame sanitaire sans précédent, le Covid-19 nous offre une opportunité. Celle de comprendre comment nous en sommes arrivé à cette crise, comprendre comment une telle pandémie aura été possible, comprendre les limites de ce modèle de société que nous avons construit sans prendre en considération la réalité de la planète, de ses richesses mais aussi de ses vulnérabilités.

  Avec 200.000 vols par jour et jusqu'à 20.000 avions en vol simultanément, nul besoin de chercher trop longtemps le responsable de la propagation ultra-rapide de cette pandémie. Par la menace sanitaire, nous réalisons concrètement le revers de la médaille d’un monde ultra-connecté. L’arrogance d’une économie de marché qui ne voit dans les ressources naturelles que des ressources marchandes a masqué le véritable prix d’une délocalisation globalisée. Le retour du boomerang est violent. En nous envoyant ce virus tout a fait inédit, la nature nous adresse un message en forme d’ultimatum : La quête du profit à tout prix, y compris au détriment de la planète et des hommes, ne peut plus durer.

  Ce n’est pas la première fois que l’humanité doit faire face à une telle menace. Depuis de nombreuses années, le risque d’une pandémie mondiale provoquée par un virus émergent était identifié. On se souvient notamment de la grippe espagnole tuant au début du siècle près de 100 millions d’individus à travers le monde. Ce sont également les crises d’Ebola, du SRAS puis du H1N1 qui auraient dû nous alerter sur la probabilité d’une contagion planétaire. En 2015, Bill Gates annonçait la mécanique du scénario catastrophe. Une prophétie qui en dit long, aujourd’hui, sur l’incapacité de nos dirigeants à prendre les mesures préventives nécessaires, anticiper les investissements utiles, prévoir les infrastructures adaptées et organiser au niveau européen un cordon sanitaire coordonné.  

  Aucun enseignement n’a été tiré des alertes précédentes. Certainement obsédés par le culte de la rentabilité « quoi qu’il en coûte », les Chats qui nous gouvernent, ceux-là comme leurs prédécesseurs, ont jugé trop onéreux d’investir dans des stock stratégiques de masques FFP2, de gels hydro-alcooliques ou de structures médicales de crise. Ce manque total d’anticipation aura été fatal pour toutes les Souris qui payent au prix fort l’incurie de nos gouvernants. 

  Le moment viendra où les remises en questions seront posées, les responsabilités politiques identifiées, les priorités redéfinies : santé, éducation, agriculture, économie circulaire, sécurité alimentaire. Plus globalement, c’est une réflexion de fond sur nos modes de vie qui sera engagée. A l'évidence, il y aura un avant et un après Coronavirus.

  La crise du Covid-19 s’est donc invitée dans la campagne de 2022. Elle met en évidence le rôle funeste des Chats dans la gestion d’un risque sanitaire prévisible. Mais elle nous oblige surtout à affronter notre propre responsabilité à ne plus accepter que des Chats ne soient élus par défaut. Quelle société voulons-nous reconstruire ? Sur quelles valeurs allons-nous bâtir la France de demain ? Allons-nous recommencer comme avant, tomber dans les mêmes travers, les mêmes excès, les mêmes abus ? Devrons-nous continuer à produire au bout du monde nos biens de consommation essentiels ? N’est-ce pas l’occasion, au contraire, de repenser l’économie au niveau local, de privilégier une agriculture raisonnée, de favoriser les circuits courts et de relocaliser nos outils de production industrielle ? 

  L’ultimatum du Covid-19 nous invite à repenser nos comportements individuels, à refuser la futilité, à considérer la notion de pouvoir d’achat à travers le prisme de nos besoins et non de nos caprices, à transformer le consommateur compulsif en citoyen responsable et envisager le principe de sobriété comme une doctrine vertueuse. 

  Un modèle est à réinventer. Il sera immanquablement au coeur des débats de la prochaine présidentielle. Le moment venu, lorsque la crise sera passée et que la vie politique reprendra son cours, les prédicateurs de tous bords et les chefs de clan s’affronteront à nouveau pour présenter leurs solutions. Avec 2022 en ligne de mire, les Chats n’hésiteront pas à promettre un monde plus vertueux, plus eco-responsable, plus humain, plus solidaire. Ils tenteront de faire oublier leur propre culpabilité dans la gestion d’un modèle qu’ils ont eux-mêmes défendu. Ne vous y trompez pas, certains sont déjà à la manoeuvre. Mais face aux habituelles incantations électoralistes, les Souris devront faire preuve de discernement et de lucidité. On ne demande pas aux promoteurs d’un système défaillant de défendre avec sincérité et conviction les moyens pour y remédier. Une vigilance salutaire que je résume volontiers en paraphrasant les mots d’Einstein : « On ne résout pas un problème avec ceux qui l’ont créé ». 

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