Il était une fois, dans une galaxie lointaine, très lointaine, un lieu imaginaire, un pays merveilleux appelé le ''Pays des souris''. 

C’était un lieu ou vivaient, travaillaient et jouaient toutes les petites souris, où elles naissaient et mourraient. 

Le pays des souris était bien organisé. Chacune avait sa place et jouait un rôle dans la société. Elles avaient même un parlement et tous les 5 ans, elles votaient pour leurs représentants. Ainsi, à chaque élection, toutes les petitessouris avaient l’habitude de se rendre aux urnes et d’élire un gouvernement, un gouvernement constitué de gros chats noirs ! 

Je n’ai rien contre les chats noirs. La plupart d’entre eux faisait bien leur travail. Ils dirigeaient leur gouvernement avec dignité et écrivaient de bonnes lois, c'est-à-dire des lois qui étaient bonnes pour les chats. Mais ces lois qui étaient bonnes pour les chats n’étaient pas bonnes pour les souris. Elles les trouvèrent même de plus en plus dures, et quand elles ne purent plus les supporter, quand la vie des souris fut devenue trop difficile, elles décidèrent qu’il fallait faire quelque chose. Il fallait que ça change !

De l'unité à l'utilité nationale

  Si vous tendez bien l’oreille, peut-être pourrez-vous percevoir une petite musique derrière le brouhaha médiatique imposé par le coronavirus. Cette petite musique, c’est celle du monde d’après tel que les Chats ont prévu de le reconstruire ; celle d’un gouvernement dit d’unité nationale.

  Dans son allocution du 13 avril, Emmanuel Macron laisse entendre la constitution d’un tel gouvernement de combat afin d’organiser ‘’dans la concorde’’ l’après Covid-19 : « Dans les prochaines semaines, avec toutes les composantes de notre nation, je tâcherai de dessiner le chemin ». Les premiers noms de cette Dream Team circuleraient déjà. On évoque notamment Michel Barnier, Nathalie Kosciusco-Morizet ou Stéphane Le Foll, ancien collègue du gouvernement Hollande. Le nom de Ségolène Royal n’a pas encore été cité mais on peut faire confiance à l’ex-Reine des neiges pour s’inviter sur les plateaux TV et vanter les succès de son Curriculum. C’est d’ailleurs cette méthode qu'a été choisie par François Bayrou. Dans une interview sur RTL, le président du Modem rappelle avoir « toujours défendu l’idée que dans des circonstances graves, l’union nationale était l’une des réponses ». A bon entendeur..! 

  Même stratégie dite de « l’appel du pied » pour Manuel Vals qui, depuis les Baléares où il est confiné, fait une offre de service à peine déguisée : « J’ai toujours dit qu’évidemment, si je pouvais aider mon pays, je le ferais. En France comme en Espagne, on a besoin de force et d’unité ». L’ancien Premier ministre ne tend pas la main dans le vide. Après l’avoir nommé à Bercy en 2014, il sait qu’il peut attendre un renvoi d’ascenseur de la part du chef de l’état. 

  Pour sauver l’économie française, un autre nom revient en force : DSK. 

Si le retour du plus célèbre des #balancetonporc risque de faire tousser les plus féministes d’entre nous, la présence de Dominique Strauss-Kahn dans l’entourage du chef de l’état ne sera en revanche une surprise pour aucun commentateur. Il suffit en effet de jeter un oeil sur la garde rapprochée d’Emmanuel Macron pour comprendre sa filiation politique avec DSK : Ismaël Emelien, Sibeth Ndiaye, Cédric O, Stanislas Guerini, Benjamin Grivaux, Stéphane Séjourné, Sacha Houlié…tous ont fait leurs classes en 2006 auprès de l’ancien patron du FMI. En fait, les jeunes pousses d’EnMarche!, DSK leur a tout appris, et ce n’est pas Benjamin Grivaux qui dira le contraire. Sa campagne municipale avortée en est la plus éblouissante démonstration. 

  Pour convaincre l’opinion de son impérieuse nécessité, un sondage IFOP opportunément publié le 27 avril nous informe que 71 % des Français seraient en faveur d’un gouvernement d’union nationale. A en croire ce sondage, trois Français sur quatre estimeraient donc que des partis politiques dans lesquels ils n’ont aucune confiance feraient mieux ensemble qu’un parti unique auquel ils reprochent le manque de cohérence et la succession d’injonctions contradictoires. Mais pour une part importante de la population, le principe d’un gouvernement d’unité nationale évoque surtout un profond rejet de la façon dont la classe politique a détourné le système pour en faire un régime de privilèges et de petits arrangements entre amis. Il représente à la fois la défaillance du pouvoir en place, la faillite des partis et une solution d’urgence en attendant l’émergence d’une véritable solution pérenne. 

  Entre les aspirations d’un peuple qui comprend le concept ‘’d’unité nationale’’ comme une logique de coopération non-partisane et l’entreprise de recyclage initiée par Emmanuel Macron, le décalage entre le monde réel et le monde politique est de plus en plus manifeste. Derrière le vernis d’un tel gloubiboulga se dessinent déjà les grandes lignes de la campagne présidentielle de 2022. Les Chats de tous bords et de toutes les couleurs organisent leur survie pour affronter Marine Le Pen au second tour. On reprend les mêmes, ceux qui s’étripent depuis des décennies ; on les met dans une marmite, on mélange et on obtient un nouveau Messie qui sauvera le peuple contre la pauvreté, l’insécurité, les inégalités, le réchauffement climatique, le Covid-19, l’extrême-droite, etc…

  Dans ce scénario cynique et détestable, ni les électeurs ni la Démocratie ne sortiront gagnants d’un scrutin où le vote par défaut sera une fois encore la règle. Entre le candidat du « Rassemblement National » et celui de l’« Unité Nationale », une troisième option s’avèrerait plus que jamais d’utilité nationale. Une alternative salutaire qui dirait : « aucun de ces candidats ne me convient »

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